{"id":1350,"date":"2019-12-20T15:33:57","date_gmt":"2019-12-20T14:33:57","guid":{"rendered":"http:\/\/moniales-ermites.org\/?p=1350"},"modified":"2019-12-20T15:51:41","modified_gmt":"2019-12-20T14:51:41","slug":"saint-basile","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/moniales-ermites.org\/index.php\/2019\/12\/20\/saint-basile\/","title":{"rendered":"Saint Basile"},"content":{"rendered":"<div class=\"wpb-content-wrapper\"><p>[vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/3&Prime;][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/3&Prime;][vc_single_image image=\u00a0\u00bb1351&Prime; img_size=\u00a0\u00bbfull\u00a0\u00bb alignment=\u00a0\u00bbcenter\u00a0\u00bb][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/3&Prime;][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Important P\u00e8re de l\u2019\u00c9glise grecque, dont l\u2019\u0153uvre th\u00e9ologique a contribu\u00e9 au d\u00e9veloppement de la th\u00e9ologie trinitaire au IV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, saint Basile de C\u00e9sar\u00e9e fut d\u2019abord un moine, que sa mission d\u2019\u00e9v\u00eaque n\u2019\u00e9loigna jamais des communaut\u00e9s qu\u2019il avait fond\u00e9es. Ses r\u00e8gles monastiques, fruit d\u2019une vie d\u2019exp\u00e9rience comme sup\u00e9rieur et p\u00e8re spirituel, nous livrent sa vision de petites communaut\u00e9s c\u00e9nobitiques, vivant \u00e0 l\u2019\u00e9cart du monde, mais d\u00e9di\u00e9es aussi \u00e0 l\u2019accueil des h\u00f4tes, voire au soin des malades. Sa spiritualit\u00e9 \u00e0 la fois profonde et concr\u00e8te a travers\u00e9 les si\u00e8cles, et inspir\u00e9 notamment la r\u00e8gle de saint Beno\u00eet.<\/strong><\/p>\n<h1><span style=\"color: #800000;\">Moine et \u00e9v\u00eaque<\/span><\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9 vers 329 ou 330, saint Basile vint au monde dans une famille profond\u00e9ment chr\u00e9tienne, qui comptait des martyrs. Brillant \u00e9tudiant \u00e0 Ath\u00e8nes, o\u00f9 il se lie d\u2019amiti\u00e9 avec le futur saint Gr\u00e9goire de Nazianze, il pense d\u00e9j\u00e0 \u00e0 cette \u00e9poque \u00e0 une vie de renoncement asc\u00e9tique\u00a0; c\u2019est ainsi qu\u2019apr\u00e8s ses \u00e9tudes, il va s\u00e9journer dans diff\u00e9rents monast\u00e8res d\u2019\u00c9gypte, de M\u00e9sopotamie, de Palestine et de Syrie, o\u00f9 il fait en quelque sorte un noviciat approfondi. Deux ans plus tard, en 358, il se retire sur les bords de l\u2019Iris, \u00e0 Annisia, non loin de la propri\u00e9t\u00e9 o\u00f9 sa s\u0153ur Macrine et sa m\u00e8re Emm\u00e9lie avaient elles-m\u00eames fond\u00e9 une petite communaut\u00e9\u00a0; il cherche \u00e0 y vivre selon la perfection chr\u00e9tienne, ou \u00ab\u00a0philosophie\u00a0\u00bb, le terme d\u00e9signant pour lui et son ami Gr\u00e9goire la vie monastique. Ce dernier viendra le rejoindre un temps, mais devra le quitter pour seconder son p\u00e8re vieillissant, \u00e9v\u00eaque de Nazianze. Gr\u00e9goire, lorsqu\u2019il prononcera l\u2019\u00e9loge fun\u00e8bre de son ami, dira\u00a0: \u00ab\u00a0Basile \u00e9tait sup\u00e9rieur \u00e0 tous par sa vie, sa parole, son \u00e9thique.\u00a0\u00bb Basile poss\u00e9dait effectivement une personnalit\u00e9 forte, profond\u00e9ment \u00e9quilibr\u00e9e, doubl\u00e9e d\u2019une intelligence remarquable\u00a0; ses dons naturels furent encore rehauss\u00e9s par l\u2019\u00e9ducation chr\u00e9tienne exceptionnelle qu\u2019il avait re\u00e7ue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Basile est donc d\u00e8s cette \u00e9poque fondateur et sup\u00e9rieur de communaut\u00e9 monastique, des compagnons s\u2019\u00e9tant joints \u00e0 lui. Il le restera sa vie durant, bien que le devoir l\u2019ait appel\u00e9 par la suite \u00e0 quitter sa retraite pour l\u2019\u00e9piscopat et la d\u00e9fense de l\u2019orthodoxie th\u00e9ologique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La r\u00e8gle suivie par ses moines n\u2019est pas encore \u00e9crite \u00e0 cette \u00e9poque. On se contentait d\u2019une transmission orale, en se basant sur l\u2019enseignement de la sainte \u00c9criture. Le sup\u00e9rieur l\u00e9gif\u00e9rait au fur et \u00e0 mesure des circonstances, en s\u2019adaptant aux besoins de la jeune fondation, laquelle se multiplia rapidement en plusieurs communaut\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">364 marque un tournant dans la vie de Basile\u00a0: ordonn\u00e9 pr\u00eatre, doit rejoindre son \u00e9v\u00eaque Eus\u00e8be de C\u00e9sar\u00e9e comme conseiller. Mais au bout d\u2019un an des dissensions doctrinales font qu\u2019il se retire \u00e0 nouveau et reprend le gouvernement des monast\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est sans doute \u00e0 cette \u00e9poque qu\u2019il commence la premi\u00e8re r\u00e9daction de ses R\u00e8gles. C\u2019est une \u0153uvre absolument personnelle, r\u00e9sultant de son exp\u00e9rience. Le texte grec de cette version primitive a disparu, mais nous poss\u00e9dons encore la traduction latine de Rufin d\u2019Aquil\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9lu archev\u00eaque de C\u00e9sar\u00e9e en 370, Basile n\u2019en continue pas moins la direction spirituelle des Fraternit\u00e9s monastiques qu\u2019il a fond\u00e9es dans la r\u00e9gion du Pont. Soucieux toute sa vie du service des pauvres, auxquels il consacrera la fortune dont il a h\u00e9rit\u00e9, il fait aussi venir des moines \u00e0 C\u00e9sar\u00e9e pour les mettre au service d\u2019un vaste h\u00f4pital qu\u2019il \u00e9tablit. Le monachisme basilien, tout en conservant les traditions de solitude et de retrait du monde d\u00e9j\u00e0 bien \u00e9tablis dans les courants ant\u00e9rieurs, prend ainsi une coloration sociale assez marqu\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sa sant\u00e9 \u00e9tant mauvaise, on craint toujours sa mort prochaine, et ses disciples le pressent de leur mettre par \u00e9crit l\u2019enseignement qu\u2019il n\u2019a cess\u00e9 de leur prodiguer. Il souhaite aussi de cette mani\u00e8re contribuer \u00e0 la lutte contre les h\u00e9r\u00e9tiques, en affirmant les principes de l\u2019asc\u00e8se catholique. C\u2019est ainsi que naissent les R\u00e8gles morales, floril\u00e8ge de versets de l\u2019\u00c9criture class\u00e9s par th\u00e8mes, \u00e0 la suite desquelles il ajoute la synth\u00e8se de son enseignement aux moines sous forme de questions et r\u00e9ponses. Il fait pr\u00e9c\u00e9der le tout d\u2019une introduction o\u00f9 il expose les mobiles qui le poussent, et d\u2019une profession de foi explicite, parce que la foi est pour lui le fondement de la morale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1><span style=\"color: #800000;\">L\u2019enseignement monastique de saint Basile<\/span><\/h1>\n<h2><span style=\"color: #800000;\">Importance et rayonnement<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Basile ne donna jamais lui-m\u00eame le nom de \u00ab\u00a0r\u00e8gles\u00a0\u00bb \u00e0 son enseignement\u00a0; il se contenta du titre modeste de \u00ab\u00a0esquisse d\u2019asc\u00e8se\u00a0\u00bb. C\u2019est cette derni\u00e8re r\u00e9daction, plus d\u00e9velopp\u00e9e et plus d\u00e9taill\u00e9e, divis\u00e9e en <em>Grandes <\/em>et <em>Petites R\u00e8gles<\/em>, qui a supplant\u00e9 la premi\u00e8re. Elle fut r\u00e9alis\u00e9e sans doute dans le courant des ann\u00e9es 376, 377 ou 378. Il ne s\u2019agissait pas dans son esprit d\u2019un corpus l\u00e9gislatif au sens moderne du terme, mais d\u2019une synth\u00e8se donnant les bases surnaturelles de la vie monastique.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 80px; text-align: justify;\">Les \u00e9crits asc\u00e9tiques de saint Basile ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9pandus tr\u00e8s t\u00f4t dans le monde grec, gr\u00e2ce \u00e0 leur qualit\u00e9 spirituelle et \u00e0 la renomm\u00e9e de leur auteur, mais elles en ont franchi la fronti\u00e8re et furent traduites en syriaque, arm\u00e9nien, en g\u00e9orgien, en arabe et en slavon, c\u2019est-\u00e0-dire partout o\u00f9 fleurit le monachisme, sans compter l\u2019ancienne version latine (Rufin) \u00e0 laquelle nos occidentaux se sont si longtemps abreuv\u00e9s. Saint Beno\u00eet la recommande dans sa r\u00e8gle. Saint Beno\u00eet d\u2019Aniane ins\u00e9ra la r\u00e8gle de st Basile dans son <em>codex regularum<\/em>. [\u2026]<\/p>\n<p style=\"padding-left: 80px; text-align: justify;\">Le monachisme basilien s\u2019imposa rapidement dans tout l\u2019Orient, jusqu\u2019en Palestine o\u00f9 il concurrence le syst\u00e8me des laures. Chaque monast\u00e8re \u00e9tait ind\u00e9pendant et avait son propre <em>typikon<\/em> (constitutions). Les \u00e9crits monastiques de Basile eurent de toute fa\u00e7on de l\u2019influence bien au-del\u00e0 d\u2019une vie monastique c\u00e9nobitique du m\u00eame type. En particulier dans les monast\u00e8res slaves du Mont Athos, et l\u2019Italie du Sud (monast\u00e8res de rite grec). Pendant tout le Moyen \u00c2ge, les <em>R\u00e8gles<\/em> de saint Basile furent lues dans l\u2019Occident latin, sous la forme de leur premi\u00e8re r\u00e9daction, dans la traduction de Rufin. A la Renaissance le texte grec fut red\u00e9couvert et imprim\u00e9. <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><span style=\"color: #800000;\">Les grands traits du monachisme basilien<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les fondations de Basile portent la marque de son g\u00e9nie organisateur, et ses \u00e9crits monastiques ach\u00e8vent de fixer les principaux traits de la vie c\u00e9nobitique, d\u00e9j\u00e0 mise en place par saint Pach\u00f4me\u00a0: cons\u00e9cration \u00e0 Dieu par la chastet\u00e9, dans une vie commune men\u00e9e en retrait du monde et une s\u00e9paration effective d\u2019avec la famille, mais assez proche des villes afin d\u2019\u00eatre un foyer de rayonnement pour l\u2019ensemble de la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne\u00a0; pauvret\u00e9 volontaire, ob\u00e9issance stricte, pri\u00e8re (qui doit devenir continuelle attention \u00e0 la pr\u00e9sence de Dieu, tout au long du jour) et travail des mains, dans la poursuite de la perfection \u00e9vang\u00e9lique. Notons aussi que Basile pr\u00e9f\u00e9ra toujours des communaut\u00e9s de taille modeste (par opposition aux immenses groupements pach\u00f4miens), o\u00f9 le sup\u00e9rieur pouvait \u00eatre effectivement en contact avec chacun de ses moines, et o\u00f9 le silence pouvait mieux s\u2019observer. Basile voyait la communaut\u00e9 monastique comme un corps o\u00f9 chaque membre compl\u00e8te harmonieusement les autres, \u00e0 l\u2019image de l\u2019\u00c9glise\u00a0; elle \u00e9tait pour lui le lieu o\u00f9 pouvait se vivre le double commandement de l\u2019amour de Dieu et du prochain, elle offrait aussi au moine la s\u00e9curit\u00e9 d\u2019un soutien spirituel, que ne rencontrait pas toujours l\u2019anachor\u00e8te isol\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Basile ajoute \u00e0 l\u2019id\u00e9al asc\u00e9tique proprement dit, comme nous l\u2019avons vu, le souci d\u2019un minist\u00e8re caritatif\u00a0: soin des malades, direction spirituelle des h\u00f4tes ou des moniales voisines, accueil des s\u00e9culiers : \u00ab\u00a0En rapprochant les moines des communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes des villes, Basile voyait, au-del\u00e0 de leur sanctification personnelle, l\u2019utilit\u00e9 de leur pr\u00e9sence au milieu des fid\u00e8les, comme un ferment dans la masse et comme un organisme actif parfaitement int\u00e9gr\u00e9 dans le corps mystique plus vaste de l\u2019\u00c9glise. C\u2019est la conception qui pr\u00e9valut en Occident et fit, au Moyen \u00c2ge, des moines de saint Beno\u00eet, les civilisateurs de l\u2019Europe.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"padding-left: 80px;\">Par temp\u00e9rament et par formation, Basile aurait eu tendance \u00e0 identifier vie asc\u00e9tique et vie chr\u00e9tienne. Les asc\u00e8tes ne sont que des chr\u00e9tiens logiques avec eux-m\u00eames. Il r\u00e9agit vigoureusement contre un mysticisme d\u00e9daigneux de l\u2019humble observance des commandements et de l\u2019aspect institutionnel de l\u2019\u00c9glise. Mais il n\u2019y a chez lui aucun l\u00e9galisme ; cependant il sait que la libert\u00e9 dans l\u2019Esprit porte \u00e0 l\u2019ob\u00e9issance aux commandements, qui se r\u00e9sument dans la charit\u00e9 fraternelle. Chacun des fr\u00e8res a son charisme propre au service de la communaut\u00e9, le r\u00f4le du sup\u00e9rieur sera de le discerner. Il condamne donc l\u2019anachor\u00e9tisme absolu. Toutefois \u00e0 la fin de sa vie il admettait parfaitement que certains moines vivent une vie plus solitaire, adoss\u00e9e \u00e0 la communaut\u00e9 c\u00e9nobitique. [\u2026] C\u2019est \u00e0 saint Gr\u00e9goire de Nysse qu\u2019il a laiss\u00e9 le soin de fournir le compl\u00e9ment mystique indispensable \u00e0 ses r\u00e8gles.<\/p>\n<h2><span style=\"color: #800000;\">Spiritualit\u00e9 des R\u00e8gles basiliennes<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 80px;\">On pourrait facilement comparer saint Basile aux Patriarches de l\u2019Ancien Testament et, particuli\u00e8rement, \u00e0 Abraham, pour la profondeur et la fermet\u00e9 de sa foi, ainsi que pour son ob\u00e9issance inconditionnelle. C\u2019est bien par cette foi que se retrouvent en lui les grandes vertus th\u00e9ologales de charit\u00e9 et d\u2019esp\u00e9rance qui orientent et dirigent sa conduite : la foi en la promesse qui fonde son esp\u00e9rance et la foi en l\u2019amour de Dieu qui fait s\u2019embraser de charit\u00e9 son propre c\u0153ur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 80px;\">Or, aimer Dieu pour Basile, c\u2019est aimer \u00e9galement sa volont\u00e9\u00a0; d\u00e9sirer Dieu, c\u2019est d\u00e9sirer sa loi\u00a0; aussi l\u2019ob\u00e9issance aux commandements de Dieu est-elle essentiellement li\u00e9e \u00e0 l\u2019amour\u00a0; et parce qu\u2019\u00e0 son tour le premier commandement est celui de l\u2019amour, c\u2019est comme en une spirale ascendante que Basile monte vers Dieu. \u00ab\u00a0Comme le cerf assoiff\u00e9 de l\u2019eau des fontaines, rappelle-t-il dans PR 157, ainsi mon \u00e2me aspire vers toi, mon Dieu\u00a0\u00bb (Ps 41, 1).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 80px;\">Puisque cet amour de Dieu se r\u00e9alise dans la soumission de notre volont\u00e9 \u00e0 la sienne, ainsi pourrait-on dire de saint Basile ce que le Christ disait de lui-m\u00eame\u00a0: \u00ab\u00a0Ma nourriture est de faire la volont\u00e9 de Celui qui m\u2019a envoy\u00e9\u00a0\u00bb (Jn 6, 34), parole rappel\u00e9e dans par PR 166. Cette volont\u00e9, il la recherche avec une sainte avidit\u00e9 dans l\u2019\u00e9tude de l\u2019\u00c9criture et surtout de l\u2019\u00c9vangile. [\u2026]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 80px;\">Dans l\u2019\u00c9vangile, Basile trouve plus que des r\u00e8gles de vie, il trouve le mod\u00e8le parfait dans la personne de J\u00e9sus. Aussi l\u2019imitation du Christ reste-t-elle pour lui un souci majeur. Il y revient particuli\u00e8rement lorsqu\u2019il parle de l\u2019ob\u00e9issance aux sup\u00e9rieurs et rappelle \u00e0 plusieurs reprises que, pour le Christ, elle est all\u00e9e jusqu\u2019au sacrifice de la vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 80px;\">S\u2019il faut ob\u00e9ir \u00e0 Dieu en imitant le Christ, il faut donc garder tr\u00e8s constamment le regard de l\u2019\u00e2me fix\u00e9 sur Lui par la pens\u00e9e, dans la foi (GR 5). C\u2019est la conviction de cette pr\u00e9sence de Dieu continuelle qui est un des ressorts de la spiritualit\u00e9 de Basile. Non seulement elle aide \u00e0 l\u2019ob\u00e9issance, mais elle suscite en l\u2019\u00e2me cette pri\u00e8re constante qui l\u2019unit int\u00e9rieurement \u00e0 Dieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 80px;\">On pourrait croire que, vivant dans cette perspective de la stricte ob\u00e9issance, Basile, exigeant et s\u00e9v\u00e8re pour lui-m\u00eame, le fut aussi pour autrui. Anim\u00e9 cependant qu\u2019il \u00e9tait d\u2019une sinc\u00e8re et profonde charit\u00e9 pour son prochain, en qui il voyait des membres du Christ, il fut, au contraire, \u00e0 son \u00e9gard toute bont\u00e9 et toute mis\u00e9ricorde, attentif \u00e0 servir et \u00e0 gu\u00e9rir plus qu\u2019\u00e0 commander et \u00e0 punir. Telles sont les qualit\u00e9s essentielles qu\u2019il exige du sup\u00e9rieur (GR 24 \u00e0 30, 43). Son autorit\u00e9 \u00e9tait toute empreinte de mod\u00e9ration. [\u2026] Parfaitement \u00e9quilibr\u00e9 et pond\u00e9r\u00e9, tel \u00e9tait le g\u00e9nie de Basile et tel il nous appara\u00eet dans tout son enseignement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1><span style=\"color: #800000;\">Un extrait des <em>Grandes R\u00e8gles<\/em><\/span><\/h1>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 80px;\">L\u2019amour de Dieu ne s\u2019enseigne pas. Personne ne nous a appris \u00e0 jouir de la lumi\u00e8re ni \u00e0 tenir \u00e0 la vie par-dessus tout\u00a0; personne non plus ne nous a enseign\u00e9 \u00e0 aimer ceux qui nous ont mis au monde ou nous ont \u00e9lev\u00e9s. De la m\u00eame fa\u00e7on, ou plut\u00f4t \u00e0 plus forte raison, ce n\u2019est pas un enseignement ext\u00e9rieur qui nous apprend \u00e0 aimer Dieu. Dans la nature m\u00eame de l\u2019\u00eatre vivant, je veux dire de l\u2019homme, se trouve ins\u00e9r\u00e9 comme un germe qui contient en lui le principe de cette aptitude \u00e0 aimer. C\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e9cole des commandements de Dieu qu\u2019il appartient de recueillir ce germe, de le cultiver diligemment, de le nourrir avec soin, et de le porter \u00e0 son \u00e9panouissement moyennant la gr\u00e2ce divine. [\u2026]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 80px;\">Il faut savoir que cette vertu de charit\u00e9 est une, mais qu\u2019en puissance elle embrasse tous les commandements\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Car celui qui m\u2019aime,<\/em> dit le Seigneur, <em>accomplit mes commandements\u00a0\u00bb<\/em>, et encore\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Dans ces deux commandements sont contenus toute la loi et les proph\u00e8tes\u00a0\u00bb<\/em>. [\u2026]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 80px;\">En recevant de Dieu le commandement de l\u2019amour, nous avons aussit\u00f4t, d\u00e8s notre origine, poss\u00e9d\u00e9 la facult\u00e9 naturelle d\u2019aimer. Ce n\u2019est pas du dehors que nous en sommes inform\u00e9s\u00a0; chacun peut s\u2019en rendre compte par lui-m\u00eame et en lui-m\u00eame, car nous cherchons naturellement ce qui est beau, bien que la notion de beaut\u00e9 diff\u00e8re pour l\u2019un et pour l\u2019autre\u00a0; nous aimons sans qu\u2019on nous l\u2019apprenne, ceux qui nous sont apparent\u00e9s par le sang ou par l\u2019alliance\u00a0; nous manifestons enfin volontiers notre bienveillance \u00e0 nos bienfaiteurs.\u00a0 Or, quoi de plus admirable que la beaut\u00e9 divine\u00a0? Que peut-on concevoir de plus digne de plaire que la magnificence de Dieu\u00a0? Quel d\u00e9sir est ardent et intol\u00e9rable comme la soif provoqu\u00e9e par Dieu dans l\u2019\u00e2me purifi\u00e9e de tout vice et s\u2019\u00e9criant dans une \u00e9motion sinc\u00e8re\u00a0: <em>\u00ab\u00a0L\u2019amour m\u2019a bless\u00e9e\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 80px;\">Ineffables et indescriptibles sont les rayons de la beaut\u00e9 divine\u00a0! La langue est impuissante \u00e0 en parler, l\u2019oreille ne peut l\u2019entendre\u00a0! Quand vous diriez l\u2019\u00e9clat de l\u2019\u00e9toile du matin, la clart\u00e9 de la lune et la lumi\u00e8re du soleil, tout cela est indigne de repr\u00e9senter sa gloire, et, compar\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re de v\u00e9rit\u00e9, est bien plus \u00e9loign\u00e9 d\u2019elle, que la nuit profonde, triste et obscure, n\u2019est distante du midi le plus pur. [\u2026]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 80px;\">C\u2019est ainsi que les hommes aspirent naturellement vers le beau. Mais ce qui est bon est aussi souverainement beau et aimable\u00a0; or Dieu est bon\u00a0; donc tout recherche le bon\u00a0; donc tout recherche Dieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 80px;\">Il s\u2019ensuit que, si notre \u00e2me n\u2019est pas pervertie par le mal, le bien que nous faisons poss\u00e8de en nous-m\u00eames sa racine. Nous sommes ainsi oblig\u00e9s de rendre \u00e0 Dieu, comme un devoir strict, cet amour, dont cependant la privation est pour l\u2019\u00e2me le plus grand de tous les maux, car l\u2019\u00e9loignement et l\u2019aversion de Dieu sont la plus terrible des peines de l\u2019enfer, et m\u00eame si la douleur ne s\u2019y ajoutait pas, elle serait plus lourde \u00e0 porter que la privation de la vue pour l\u2019\u0153il, et la mort pour l\u2019\u00eatre vivant. [\u2026]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 80px;\">Que rendrons-nous donc au Seigneur pour tout ce qu\u2019il nous a donn\u00e9\u00a0? Il est si bon qu\u2019il ne demande rien en compensation de ses bienfaits\u00a0: il se contente d\u2019\u00eatre aim\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>Grandes R\u00e8gles<\/em>, question 2<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>NB\u00a0: l\u2019\u00e9dition fran\u00e7aise de la seule traduction contemporaine des R\u00e8gles est \u00e9puis\u00e9e depuis longtemps et difficilement accessible. Mais on\u00a0 trouve une version num\u00e9ris\u00e9e des Grandes R\u00e8gles sur le site <a href=\"http:\/\/www.patristique.org\">www.patristique.org<\/a> .<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Toutes les citations sauf celle de saint Basile en fin d\u2019article, sont extraites de l\u2019introduction du P. L\u00e9on L\u00e8be, o.s.b., \u00e0 son introduction \u00e0 la traduction fran\u00e7aise des R\u00e8gles monastiques, Maredsous, 1969.[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row]<\/p>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/3&Prime;][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/3&Prime;][vc_single_image image=\u00a0\u00bb1351&Prime; img_size=\u00a0\u00bbfull\u00a0\u00bb alignment=\u00a0\u00bbcenter\u00a0\u00bb][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/3&Prime;][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text] Important P\u00e8re de l\u2019\u00c9glise grecque, dont l\u2019\u0153uvre th\u00e9ologique a contribu\u00e9 au d\u00e9veloppement de la th\u00e9ologie trinitaire au IVe si\u00e8cle, saint Basile de C\u00e9sar\u00e9e fut d\u2019abord un moine, que sa mission d\u2019\u00e9v\u00eaque n\u2019\u00e9loigna jamais des communaut\u00e9s qu\u2019il avait fond\u00e9es. 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